Daniel Breckman

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Daniel Breckman
Équipage

Anecdotes/
Caractère


– Avec son mètre nonante et ses épaules solides, Daniel est assez impressionnant mais rarement agressif. Il ne supporte par contre pas qu'on s'attaque à plus faible que soi.
– Sa famille possédait une grande exploitation de Texas Longhorn. Ils étaient éleveurs et militaires de père en fils depuis de nombreuses générations.
– Il s'est fait tatouer dans le dos le crâne d'un Longhorn en hommage à ses origines.
– Il a lui-même suivi la tradition familiale en intégrant l’armée de l’air.
– C’est pour ses talents de pilote de chasse qu’il a été sélectionné pour faire partie des tous premiers colons. Un prototype flambant neuf l’attend dans la soute de l’Avalon pour explorer les reliefs les plus difficiles d’Arion à la recherche de nouvelles ressources à exploiter.
– Il a baptisé son futur véhicule du nom de sa meilleure amie, Beatrice Marlow, qui selon lui est morte en tentant de défendre l’Excalibur contre une attaque aérienne. Il n’a aucune preuve formelle de ce fait mais les derniers logs transmis par l’Excalibur en perdition montrent qu’elle et quelques anciens militaires comme elle sont sortis avec le prototype d’exploration et des armes au moment où la nef se faisait attaquer par des avions de chasse.
– Il a dû démissionner de son poste à l’armée quand la tension a monté autour de leur prochain départ de la planète Terre. Il a été très affecté par ce dilemme mais n’a pas hésité à choisir l’aventure sur le devoir.
– Sur Terre Beatrice, Daniel et sa cousine Alex étaient inséparables. Depuis qu’ils ont appris la destruction de l’Excalibur (et du même coup la mort de Beatrice) Daniel et Alex sont par contre en froid.
– Moins d’un an avant le départ de l’Avalon Daniel a rencontré Norah, qui est tombée enceinte de lui. Incapable de la laisser derrière lui il a organisé avec l’aide de ses amis et d’un avocat un mariage en extrême urgence et a fait des pieds et des mains pour lui trouver une place.
– Le décès d’un futur passager a libéré une place sur l’Excalibur. Mais une seule, à très proche échéance du terme de la grossesse. Épouvantés à l’idée de devoir peut-être choisir entre la vie de Norah ou celle de leur enfant, le couple décide de tenter de la faire entrer clandestinement dans l’Avalon.
– Daniel ne regrette rien. L’Avalon est beaucoup moins peuplé qu’il ne devrait l’être et le funeste sort qu’a connu l’Excalibur lui a sinistrement démontré qu’il a fait le bon choix.
– Il clame à qui veut l’entendre que les passagers « clandestins » ont tout autant leur place que n’importe qui d’autre sur l’Avalon, que chaque vie arrachée à leur Terre agonisante est une bénédiction et qu’ils devraient se réjouir d’avoir des bras supplémentaires pour bâtir un nouveau monde. Le fait qu’il ait lui-même introduit son épouse en toute illégalité dans la nef n’est sans doute pas étranger à cette position tranchée, cependant il y a des accents de sincérité indéniables dans son discours.
Qui es-tu

nom : Breckman
prénom : Daniel
âge du personnage : 30 ans
nationalité d'origine : Américaine
métiers : Ex-pilote de chasse de l’US Air Force / Assistant en pilotage sur l’Avalon / Futur pilote du Beatrice Marlow
groupe : Équipage
qualités : Volontaire – Rigoureux – Protecteur – Pragmatique – Fidèle à sa parole – A de très bons réflexes – Sait s’amuser en dehors des heures de service
défauts : Têtu – Taquin – Parfois insouciant – Nerveux – Parfois trop direct – Orgueilleux
pourquoi êtes-vous sur l'Avalon ? : Alex, Beatrice et Daniel s’étaient intéressés de longue date au projet, quand il n’avait encore qu’une visée commerciale. L’idée de fonder une nouvelle colonie, de tout recommencer à partir de rien ou presque fascinait le trio, et ils ont fait des pieds et des mains pour attirer l’attention des recruteurs. Ils n’avaient pas prévu le tour dramatique qu’allait prendre le monde alors que le lancement devenait imminent, ni que cette formidable aventure allait finir par les déchirer.
qui avez-vous dû abandonner ? : Sa famille, ses bêtes, ses terres, ses confrères pilotes, la majesté du Texas et de ses horizons infinis… mais il y avait déjà renoncé. La mort de Beatrice a été nettement plus dure à encaisser. Beatrice, son amie de toujours, sa sœur d’arme, qui n’a même pas eu la chance d’être connue sous sa vraie identité de son vivant.


Ton histoire

D’aussi loin qu’on puisse remonter dans leur généalogie, les Breckman ont toujours eu deux vocations : l’armée et l’élevage. Grands héritiers de la tradition des ranchs texans qui totalisaient plusieurs centaines de têtes de bétail sur un large territoire, ils voyaient comme une évidence d’envoyer leurs jeunes pousses se « forger le caractère » sur les bancs de l’école militaire – cela payait à la fois les soins de santé, l’éducation et l’honneur du drapeau, que demander de plus ? Peut-être une bonne petite retraite à consacrer à leurs bêtes, de majestueux Texas Longhorn capables de se contenter de la plus maigre des herbes aux portes du désert, mais chaque chose en son temps.

Le jeune Daniel, disait son père, avait tout pour faire un bon soldat. Il l’était déjà à sa manière, au plus profond de l’hiver, quand les coyotes s’enhardissaient et qu’on mobilisait petits et grands pour monter la garde. C’était là qu’on lui apprit à être calme, patient, mais aussi précis et prompt à la détente. Il n’avait que neuf ans quand il tira son premier coup mortel, sous les félicitations de toute la famille – et les protestations de sa cousine Alexandra, qui jurait qu’elle aussi avait le prédateur dans sa ligne de mire et qu’il était juste mieux placé qu’elle. Toujours était-il que le garçon savait ouvrir l’œil, disait-on, et le bon. La tendance allait se confirmer sur les bancs de l’école militaire.

Bien que remuant, comme beaucoup d’adolescents de son âge, le garçon savait se montrer assidu quand il le voulait vraiment, et il avait plutôt intérêt à le vouloir car il visait haut : son père lui a tellement répété que son coup d’œil ferait des merveilles dans l’armée de l’air qu’il se rêvait depuis longtemps pilote d’avion de chasse. Sans pour autant oublier d’être jeune, il mit donc tout en œuvre pour maintenir une moyenne élevée dans les matières qui intéressaient les recruteurs et vit ses efforts récompensés par une place dans une prestigieuse académie militaire. Là encore il mena une scolarité exemplaire, ponctuée par quelques bringues monumentales avec les autres cadets de sa promotion, mais seulement lors des permissions évidemment ! Surtout il y fit une rencontre qui fit prendre un courant très particulier à sa carrière comme à sa vie personnelle : celle de Casey Marlow, avec qui il allait rapidement nouer un profond lien d’amitié.

Casey venait d’une famille modeste de New York, lui aussi visait l’armée de l’air mais son ambition propre dépassait de loin les nuages. Passionné d’astronomie, il se rêvait comme faisant partie de la prochaine génération de grands explorateurs, de ceux qui s’envoleraient vers d’autres planètes. Il aurait voulu faire de grandes études scientifiques pour accompagner le mouvement, mais il n’en avait pas les moyens et avait décidé de passer par la petite porte des officiers qui faisaient aussi partie du vivier de recrutement de l’aventure spatiale. Son enthousiasme était communicatif et les deux cadets se trouvèrent bien vite à s’encourager l’un l’autre. Ils finirent premiers de leur promotion et purent intégrer tous deux une formation pour devenir pilotes d’avion de chasse.

La première virée de Daniel sur un de ces petits bijoux de vitesse le transporta littéralement au septième ciel ! il n’était d’ailleurs pas mauvais à ce jeu-là et sa maîtrise prudente mais efficace des appareils était grandement appréciée, de même que la discipline de fer dont il faisait preuve (en service seulement). Casey avait moins la carrure d’un futur « as », mais il se débrouillait tout de même très correctement et compensait le manque de panache à la conduite par des connaissances théoriques très poussées qui étaient tout autant appréciées.

À leur remise des diplômes (avec les honneurs !) Daniel invita son ami chez sa famille au Texas, où Casey rencontra Alex. Alexandra était la cousine de Daniel, ils avaient à peu près le même âge et avaient été très proches durant toute leur adolescence à chasser le coyote et gérer le bétail, mais ils s’étaient perdus de vue quand ils avaient tracé leur route dans les études supérieures – et quelles routes ils avaient tracé ! Pendant que Daniel faisait des cabrioles en l’air, Alex avait obtenu une bourse dans une école d’agronomie réputée et avait décroché par son travail « le stage le plus cool de l’univers » : elle travaillait à la mise en place d’un protocole pour donner l’autonomie alimentaire aux futures colonies spatiales sur des exo-planètes lointaines. Casey faillit s’étouffer dans son coca en apprenant la nouvelle et voulut immédiatement tout savoir.

À compter de ce jour les trois jeunes gens devinrent quasiment inséparables, même quand ils s’étaient éloignés géographiquement ils se ménageaient toujours bien quelques longues séances de chat pour s’échanger leur envie de partir dans le lointain. Alex avait réussi à se faire engager sur son lieu de stage, une entreprise commerciale qui avait un ambitieux projet de fonder une colonie à quelques dizaines d’années-lumière de là. Elle les tenait informés de l’avancée du projet mais aussi du processus de recrutement des futurs colons : ils devaient être du voyage, tous les trois, pour eux c’était une évidence, peut-être un peu moins pour Daniel dans un premier temps mais il aimait l’idée de mettre à l’épreuve ses compétences de pilote dans un terrain complètement vierge de présence humaine.

C’est durant cette période aussi que Casey trouva le courage de révéler à Daniel son secret le mieux gardé – seule Alex était au courant, bien qu’il se sente aussi proche du cousin que de la cousine il avait en effet été plus facile pour lui de se confier sur ce sujet à une civile plutôt qu’à un militaire comme lui. Casey avait un prénom de garçon, il avait été élevé comme un garçon, mais au fond de lui… au fond d’elle elle savait qu’elle n’était pas un garçon. Elle maintenait l’illusion parce qu’elle savait que l’armée était sa seule chance d’arriver à son but et que cette institution n’avait pas beaucoup d’estime pour les personnes transgenres.

Ce n’était pas facile à vivre mais ce n’était que provisoire : elle jurait que dès qu’ils quitteraient cette foutue planète ankylosée dans ses principes elle serait enfin celle qu’elle avait toujours voulu être : Beatrice Marlow, femme-pilote et grande exploratrice. Elle avait choisi ce nom parce qu’il voulait dire « la bienheureuse » et qu’elle n’imaginait pas bonheur plus grand que celui-là. En attendant par contre il lui fallait absolument garder le silence, l’appeler Casey, parler d’elle au masculin – sauf quand ils étaient juste entre eux bien sûr. D’abord surpris, Daniel accepta de bon cœur la nouvelle donne et la lourde responsabilité que cette révélation impliquait. Il se plaignit par moment par plaisanterie d’être devenu tout d’un coup minoritaire en tant qu’homme dans leur trio, mais au fond ça ne changeait rien pour lui : ce qu’il croyait être son meilleur ami s’est juste révélé être sa meilleure amie.

Alors que le projet avançait, le monde lui allait de plus en plus mal. Arrivés tôt et extrêmement bien préparés au processus de sélection, Alex, Daniel et Beatrice n’eurent aucun mal à assurer leur place dans les premières nefs spatiales, Alex et Daniel dans l’Avalon dont le départ était prévu pour fin 2017, Beatrice dans l’Excalibur début 2018… dans un climat de nouvelle guerre froide sur le point de s’échauffer méchamment ils passaient pour des privilégiés et s’attiraient des jalousies comme ils n’en auraient jamais imaginé. La pression était telle que Daniel et Beatrice durent démissionner de l’US Air Force un an avant le départ prévu pour se réfugier à Détroit, dans les locaux de l’employeur d’Alex.

Là, désœuvré et un peu perdu, Daniel abandonnait régulièrement Alex et Beatrice à leurs débats techniques débordants de passion pour décompresser en tête à tête avec un bon whisky. Et un soir, un peu par hasard, Norah Ishida se substitua au bon whisky – et il n’eut pas vraiment à s’en plaindre. Norah était drôle, spontanée, extrêmement belle aussi (a-t-on déjà vu des traits aussi délicats ?) et d’une sensualité à tomber. Il se laissa séduire et l’emmena le soir même dans une chambre d’hôtel sans en attendre tellement plus qu’un moment de détente entre deux adultes responsables, mais le courant passa bien et ils continuèrent à se fréquenter, découvrant une personnalité complexe, pleine de débrouillardise dans un contexte pour le moins difficile.

Elle vivait depuis la mort de son père (sur laquelle elle semblait préférer ne pas s’étendre, aussi n’insista-t-il pas) chez son oncle immigré, à l’étage d’un petit garage qui ne payait pas de mine, c’était propre mais pas très grand et il leur manquait beaucoup de choses. Il comprit à quel point sa situation était tendue quand il se trouva à payer ses frais médicaux suite à une mauvaise rencontre lors d’une de leurs sorties, elle se révéla avoir de très bonnes techniques de self-défense mais ce n’était pas suffisant contre un adversaire armé. L’ancien soldat qu’il était avait réussi à neutraliser le malfrat, mais elle était déjà blessée par balle et même s’il ne la connaissait qu’à peine il ne pouvait pas la laisser comme ça.

L’histoire se poursuivait sans que Daniel sache trop comment ça allait tourner, à l’insu d’Alex et Beatrice qui étaient trop absorbées par les préparatifs du départ pour faire attention à lui. Norah ne savait même pas qu’il partait, que leur histoire devrait s’arrêter brusquement d’ici quelques mois, parce qu’il ne savait pas comment le lui dire et que plus le temps passait moins il pouvait s’y résoudre. Il avait peur que ça brise quelque chose entre eux, cette vague d’apaisement dont il avait besoin au milieu de la fièvre qui s’emparait du monde entier… et de ses amis en particulier, même si pas pour les mêmes raisons. Il se disait qu’il pourrait lui laisser le reste de ses avoirs sur Terre (il avait depuis longtemps décidé de n’emporter que ce qui avait une valeur sentimentale à ses yeux), qu’elle en vivrait un peu mieux et lui pardonnerait tout. Du moins c’était ce qu’il espérait. Il ne pouvait guère faire mieux de toute façon, à ce stade les places sur les nefs étaient réservées depuis belles lurettes.

Toutes ces belles illusions finirent cependant par s’effondrer à une poignée de mois du départ, quand il sentit une raideur suspecte sur les seins de son amante. Elle avait maigri récemment, même si elle disait que tout allait bien il n’y croyait guère et insista pour lui payer une consultation (il savait qu’elle ne pouvait se le permettre financièrement). Il craignait à vrai dire un cancer, le verdict l’épouvanta encore plus : Norah était enceinte, probablement de ses œuvres, et bien que ce soit un accident (elle avait un jour été malade et avait sans doute vomi par inadvertance sa pilule contraceptive) elle tenait à garder l’enfant, assurant qu’elle se débrouillerait. D’un seul coup tout son égoïsme, sa bêtise, son inconscience crasse lui explosèrent à la figure, le laissant livide devant la vérité crue : il s’était comporté en véritable salaud et n’était même pas sûr de pouvoir en assumer les conséquences. Il s’excusa auprès de Norah, bégayant qu’il devait vérifier certaines choses, mais n’eut toujours pas le courage de lui révéler l’ampleur du problème.

Daniel n’avait pas forcément toujours été un enfant sage et il s’était déjà fait gronder par sa famille, mais ça n’avait aucune commune mesure avec la remontrance à laquelle il eut droit quand il revint, penaud, quémander l’aide d’Alex et de Beatrice. Alex, surtout, explosait littéralement, ne se privant pas pour souligner à quel point il était ridicule : il avait eu des années pour courtiser toutes les filles qu’il voulait, il aurait encore des années pour trouver dans la colonie une gentille petite fiancée, et il fallait que là, maintenant, à quelques mois du départ, il se mette en tête de forniquer sans protection avec la première petite inconnue avec un joli minois qui passait ? C’était la chance de leur vie enfin à portée de main, et il la passait à ça ? Cela la mettait hors d’elle, et pour le coup son cousin n’avait pas grand-chose à redire sinon que c’était fait et qu’il ne pouvait pas juste partir en laissant cette affaire en suspens.

Le savon passé elle était toujours aussi furax mais accepta de voir ce qu’il était possible de faire, à l’unique condition que son abruti de cousin aille d’abord annoncer au plus vite à cette pauvre fille à quel point il avait été stupide, et lâche – et qu’elle avait intérêt à s’accrocher si elle tenait vraiment encore à suivre le misérable qu’il était parce que ce qu’il voulait pour elle et leur enfant à naître frisait l’impossible. Beatrice l’accompagna en tant que témoin pour s’assurer que Daniel ne se dégonfle pas en dernière minute (Alex, elle, savait qu’elle n’arriverait pas à tenir en place), aussi les deux pilotes se rendirent ensemble chez l’oncle de Norah pour enfin lui révéler toute la vérité. Il s’attendait à une nouvelle salve de foudre amplement méritée, mais en fait Norah et son oncle prirent la nouvelle avec un calme presque inquiétant, elle muette de stupéfaction, lui surpris mais pragmatique (il exprima le fond de sa pensée plus tard, loin des oreilles de sa nièce). Il parla pour elle affirmant qu’elle voulait le suivre et qu’ils feraient tout ce qu’il faudrait pour ça – elle-même hocha la tête en signe d’assentiment.

Alex leur prit rendez-vous avec un avocat spécialisé en affaire d’immigration (c’était encore la matière la plus proche de leur affaire), qui organisa un test ADN intra-utérin puis un mariage accéléré dès que la paternité fut établie. Armés de ces documents ils soumirent une demande de regroupement familial d’urgence qui mit Norah haut dans la liste d’attente pour une place sur un des vaisseaux – malheureusement les places effectives étaient déjà toutes prises. Après de longues semaines d’angoisse ils apprirent que le décès prématuré d’un futur colon lui libérait une place sur l’Excalibur, mais une seule.

Le décollage de la nef était prévu pour février 2018, quand Norah serait à neuf mois de grossesse et menacerait d’accoucher à tout moment. Une série de précautions pouvaient être prises pour retarder l’échéance mais aucune n’était fiable à 100% – or si Norah devait mettre au monde son enfant avant d’entrer en hibernation un choix devait être fait, car l’un des deux devrait rester sur Terre pour toujours. L’entreprise était formelle, la liste d’attente était pleine à craquer et même si une deuxième place devait se libérer elle serait attribuée à d’autres plus méritants. Tout juste leur a-t-on promis de lui donner la priorité si un lit d’hibernation devenait disponible pour elle sur l’Avalon, qui partait quelques mois plus tôt, mais le temps passait et le miracle tardait à venir, augmentant les angoisses du couple.

Norah elle ne pouvait pas tenir en place, malgré les recommandations des médecins elle continua de travailler d’arrache-pied pour continuer à aider son oncle tant qu’elle le pouvait, au point de mettre sa grossesse en danger. Pendant une fraction de seconde Daniel songea que si elle perdait l’enfant cela règlerait leur problème, qu’ils n’auraient plus à choisir entre elle et lui… mais en fait il ne le souhaitait pas plus que cela et chassa cette pensée cynique aussi vite qu’elle était apparue. La grossesse finit par se stabiliser suite à une mise au repos forcée mais le problème demeurait : ils doutaient de plus en plus de pouvoir tenir jusqu’en février.

Voyant qu’ils étaient dans l’impasse sur toutes les options légales, Daniel décida cette fois d’agir seul, sans en parler ni à Alex, ni à Beatrice. Il étudia soigneusement la procédure d’embarquement et d’identification des passagers, prêt à exploiter la moindre faille. Il ignorait si son projet avait la moindre chance de réussir, mais quand la situation politique força l’Avalon à avancer son départ il était fin prêt et dans de bien meilleures conditions qu’il n’avait pu l’espérer : de nombreux passagers prévus étaient encore loin de Détroit, probablement en train de faire leurs adieux à leurs amis et à leur famille, et beaucoup de lits d’hibernation allaient se libérer du même coup. Il chercha dans le système le premier profil de femme asiatique encore non présente (une chimiste vietnamienne du nom de Tran Thi Ahn) et substitua discrètement sa photo et son dossier médical à celui de Norah. Sous cette identité d’emprunt sa femme put passer sans encombre tous les contrôles de sécurité (il l’avait mise dans une file où la seule personne qui aurait pu la reconnaître, Alex, ne se trouvait pas) et prendre place dans un lit d’hibernation. Ç’avait été tellement simple qu’il regrettait de ne pas avoir pu faire de même pour d’autres, mais il était trop tard et l’Avalon partit tel quel, à moitié vide mais sain et sauf.

La douche froide ne tomba que cinq ans plus tard, bien loin du système solaire, quand il se réveilla pour la première maintenance de la nef. Il avait quelques messages de Beatrice s’inquiétant de la disparition de Norah, puis d’autres où elle lui faisait la leçon sur le respect des procédures, qu’elle attendait mieux d’un vrai militaire comme lui et qu’elle veillerait personnellement qu’il se prenne un blâme au moins… mais qu’elle leur souhaitait bonne chance à lui et à sa jeune épouse, elle avait hâte de venir les embrasser tous les deux. Le dernier message, nettement plus inquiétant, datait de début janvier, ça y était le monde avait perdu la raison et si l’Excalibur devait partir c’était maintenant ou jamais. Puis plus rien.

C’est en rejoignant les autres membres de l’équipage qu’il apprit l’ampleur du désastre : la Terre s’était autodétruite en l’espace de deux jours et l’Excalibur avait été abattu dans la foulée, avec des milliers de passagers à son bord. Ils avaient pour la plupart reçu des messages alarmants des derniers instants de leurs proches, dans la nef en perdition – lui rien. Beatrice avait disparu sans laisser de trace. Il a dû courir aux lits d’hibernation pour s’assurer qu’il n’avait pas rêvé, qu’il avait bien au moins sauvé Norah, mais elle était bien là, paisible au fond de sa petite bulle. Daniel ne s’en sentait pas moins complètement dépassé.

C’est en se plongeant dans les derniers logs envoyés par l’Excalibur qu’il put reconstituer les derniers moments de sa meilleure amie. Au moment où les radars avaient repéré des avions de l’armée en approche elle avait utilisé ses accès pour ouvrir une réserve d’arme, puis la soute qui contenait les véhicules prévus pour l’exploration d’Arion. Tous les véhicules volants étaient sortis et avaient tournoyé autour de la nef en plein envol, dans un probable combat aérien dont on avait aucune image sinon des points dans les archives d’un radar. Même s’ils avaient gagné ils n’auraient eu aucun moyen de reprendre place dans la nef. Ils s’étaient sacrifiés pour donner une chance aux milliers de passager de l’Excalibur. Beatrice avait sacrifié son rêve pour sauver tous ces gens… et elle avait perdu. Un tir a touché un des moteurs principaux et la nef a fini sa course dans l’Atlantique, tandis que la Terre débutait sa lente mais inéluctable agonie nucléaire.

Est-ce que son talent aurait pu faire la différence s’il avait été là ? Aurait-il pu comme elle se résoudre à abandonner le vaisseau pour se battre sans espoir de retour ? Il ne le savait pas mais cette révélation le laissa bouleversé. Il se jura toutefois qu’il ferait connaître à tous leur sacrifice, qu’ils ne soient pas oubliés. Sous son nom de choix dans le cas de Beatrice, car maintenant que la Terre était loin derrière eux cela n’avait plus de sens de garder le secret. À la fin de la première période de maintenance Daniel descendit dans la soute des véhicules avec de la peinture pour baptiser son futur engin du nom de Beatrice Marlow, afin qu’il devienne à travers elle la grande exploratrice qu’elle avait toujours rêvé d’être. Aux suivantes il s’évertua à reconstituer avec autant de détails que possible les derniers moments de l’Excalibur pour en faire une simulation 3D. Il espérait obtenir la permission du commandant de bord pour la présenter aux passagers à leur réveil, afin de mieux répondre à toutes les questions qu’ils pourraient se poser, mais ce dernier estimait qu’il était encore trop tôt. Alors il prit son mal en patience tout en préparant le prochain réveil des passagers… et de Norah, qu’il n’avait plus pu serrer dans ses bras depuis une éternité.



Derrière l'écran

prénom ou pseudo : Shad Elbereth
âge : 27 ans
scénario ou inventé : Inventé
comment as-tu connu le forum : PRD
comment trouves-tu le forum : J’aime trop l’idée ! ça m’a donné l’envie de réadapter un vieux duo avec une amie
votre célébrité :
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[color=#660000]Gerhard Freidl[/color]  -  Daniel Breckman
métier sur l'Avalon :
Code:
+ Assistant en pilotage  -  Daniel Breckman
autre chose à nous dire ? : Ça ne dérange pas si je vous envoie un de ces jours un petit mp pour signaler quelques oublis et/ou améliorations faciles que j’ai repérées ? :)

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Ven 29 Déc 2017 - 0:15
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Bienvenue sur le forum et bonne continuation pour ta fiche :arc:
En cas de questions n'hésite pas à poser des questions !
Ven 29 Déc 2017 - 1:29
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@ Passagers clandestins
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Hello, bienvenue sur HTN.
Je suis ravie que tu ai décidé de nous rejoindre :) et j'ai hâte d'en savoir un peu plus sur ton personnage.
Pour ce qui est des oublies ou améliorations n'hésites pas à me mp pour en discuter, nous sommes preneuses de tout conseil.

Bisous
Ven 29 Déc 2017 - 9:34
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Merci à toutes les deux :ex: je vais préparer le mp du coup, mais je me concentre d'abord sur la fiche, ou Norah va trépigner d'impatience d'écrire la suite de sa propre histoire :mouaha:

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Ven 29 Déc 2017 - 16:15
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Passagers clandestins
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Tu me connais si bien :carton:

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Ven 29 Déc 2017 - 16:54
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@ Passagers clandestins
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Pas de soucis :)

J’ai hâte de lire votre histoire et de vous valider :)

Ok pour le mp j’attends avec impatience :)
Ven 29 Déc 2017 - 18:25
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bienvenue parmi nous !


Coucou, je suis ravie de pouvoir officiellement te souhaiter la bienvenue :) J’aime beaucoup ton histoire et l’idée du vaisseau. De nouveau bienvenue :)
Je t'ajoute de suite à ton groupe, aux occupations et au bottin, tu n'as pas à t'occuper de ça. En revanche, tu dois maintenant aller ouvrir ta fiche de liens (ici), compléter ton profil et bien lire les sujets d'(ici).
La zone de RPG t'est maintenant ouverte, ainsi que le flood. Tu pourras penser à laisser un petit mot sur notre publicité sur PRD ou BAZZART ou même les deux, plus on est de fous, plus on rit ! Amuse-toi bien parmi nous !
Si tu as quelque soucis que ce soit, n'hésites pas à Mp quelqu'un du staff



Dim 31 Déc 2017 - 9:54
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Cool :ex: merci :) pour le véhicule d'exploration je l'ai emprunté à Oblivion, les courses-poursuite aériennes sont tellement classe dans ce film :brille:

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Dim 31 Déc 2017 - 10:21
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