Retrouvaille [PV Mary]

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Passagers clandestins
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Norah avait remarqué une jeune femme qui lui disait quelque chose, elle n’avait pas tout de suite su qui elle était alors elle s’était contenté de l’observer de loin. Pour aucun autre passager elle n’avait été comme ça et ce fut en écoutant un rap endiablé sur son MP3 que le lien se fit. Ce morceau en particulier c’était son frère qui lui avait fait découvert et c’était lui qui avait un jour invité Mary Baker à faire un devoir à la maison. Norah n’avait que 12 ans à l’époque, mais elle était grande et faisait déjà la même taille que l’invité, elle s’était rajoutée quelques années et lui avait proposé un café, son frère comme toujours était en retard, il était arrivé à peine 5 minutes plus tard, ce qui l’avait déçue pour une fois que son frère ramenait une fille elle avait eu envie de la décortiquer. Elle l’avait revue quelques fois à la maison, mais son frère ne l’avait plus laissé l’approcher. Quand il était mort, elle était venue à l’enterrement elle l’avait noté et elle avait même écrit un article dans le journal de leur lycée. Norah avait réussi à acheter un tirage et avait précieusement gardé l’article des années, ce ne fut que quand elle avait dû monter sur le vaisseau qu’elle s’en était séparée.

La métisse portait les vêtements du jour de son embarquement, un jean et un sweet noir large qui cachait complètement son ventre. La jeune femme dont elle avait emprunté l’identité n’était pas enceinte. Elle s’était fait une queue de cheval et avait piqué le parfum de Daniel, elle voulait faire bonne impression car secrètement elle avait toujours admiré la jeune femme. La salle de restauration commune était l’endroit où elle pouvait la repérer, elle avait donc mangé avec Daniel tout en repérant Mary. Quand Daniel avait dû partir elle s’était levée pour suivre Mary jusqu’à l’observatoire ou après avoir pris son courage deux mains, elle était venue l’aborder souriante comme elle ne l’avait plus été depuis longtemps.


- Mary ? C’est fou de te retrouver ici. Je suis Norah… Norah Ishida, la sœur d’Ejiah. Je ne sais pas si tu te souviens de moi, j’avais menti sur mon âge et t’avais proposé un café, parce que mon crétin de frère t’avait invité, mais était encore et toujours en retard.

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Sam 13 Jan 2018 - 19:17
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Depuis mon réveil, j'explore le vaisseau, je me fais petite, discrète, la fouine c'est ainsi que l'on m'appelait sur Terre. C'est bien pour cette raison que je poursuis alors que nous nous éloignons à une vitesse plus que rapide de cette planète où j'ai vécue. Je pose la main posée sur une des fenêtres panoramiques. Ce mouvement me ramène des années en arrière à la maison alors que je n'étais qu'enfant. Ma mère avait posé sa main sur mon épaule en me disant « Mary, ôtes cette main de cette vitre s'il te plaît ». Un souvenir bien fugace alors que nous sommes parmi les étoiles.

Ces étoiles quand j'étais enfant, maman me les décrivait comme des êtres chers que l'on a perdu depuis des années, ces hommes ou ces femmes qui maintiennent un regard protecteur sur leurs proches et leurs amis. Peut-être qu'en s'éloignant ainsi, en allant reconstruire une humanité ailleurs, je les croiserai mes parents, ou peut être que je croiserai Ejiah, le seul garçon que j'aie jamais aimé sans jamais oser lui dire. Tout cela c'est derrière moi, il faut que je me ressaisisse, le passé est le passé, je dois reconstruire cet avenir avec tous les survivants. J'ai été choisie et pour cela simplement je souffle sur la vitre pour apposer un peu de buée et dessiner un cœur.

Doucement, alors que je finis mon dessin, j'entends cette voix, cette intonation et ce nom que j'avais oublié. Je me retourne souriante, un peu surprise et je la détaille sans un mot. Les mêmes yeux oui que ce jour, cet enterrement et celui d'avant, cette rencontre alors que j'aidais son frère pour un devoir. J'incline la tête doucement, elles semble habillée avec une tenue un peu trop large mais je choisis de garder cette information pour plus tard. Doucement je lui réponds

« Pour une surprise, cela en est une » je pourrais limite lui demander ce qu'elle fait ici, mais en même temps sa réponse sonnerait comme une évidence alors simplement je poursuis « Oui je me souviens de toi, effectivement ; permets moi de souligner que tu es magnifique » marquant un temps de silence, j'essaie d'enchaîner « Désolée, depuis que... » je cherche un peu mes mots ne sachant pas trop comment évoquer la disparition de son frère sans éveiller de douloureux souvenirs « J'aurais du garder contact avec toi, tu m'étais fort sympathique ce jour là, excuses moi de ne pas t'avoir contactée depuis sa disparition » puis je poursuis « Je crois que c'est un peu déplacé de te demander ce que tu fais ici, mais en tout cas je suis ravie de voir une tête connue, je me sentirai moins seule ». Mais je suis curieuse et prudemment je questionne « Qu'es tu donc devenue ? Pour ma part j'étais journaliste, là bas » pour désigner cette Terre, ce berceau de nos existences « Qui sait ce que l'on sera désormais ici ? ».

Des questions posées à Norah, mais également à moi-même et à tous ces membres d'équipage et ces survivants.
Sam 13 Jan 2018 - 23:43
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Les grands yeux de Norah pétillaient, on ne pouvait pas douter de sa sincérité. Elle écouta avec attention ce que lui disait Mary. Habituellement elle n’aimait pas trop qu’on souligne son apparence, mais habituellement ce n’était pas Mary qui lui disait. Chez les autres il y avait du mépris, certain se montrait bien plus clairvoyant concernant son cas que Daniel ne l’avait jamais été. En quelque sorte c’était son joli minois qui l’avait sauvé de la fin du monde. Mais chez Mary il n’y avait rien de bas, elle faisait que de se souvenir d’elle encore toute petite, il n’y avait que de la bienveillance dans sa voix.

- Toi aussi tu l’es… Magnifique bien sûre. Ce n’est pas grave, je pense que je n’étais pas d’agréable compagnie à l’époque, c’était compliqué pour tout le monde. Ton article je l’ai gardé sur Terre, j’avais beaucoup d’admiration pour toi.

Norah sourit de nouveau, elle ne s’épanchait pas ainsi habituellement, mais elle avait besoin d’une relation sincère. Son sourire cependant s’éteignit quand il fut question de ce qu’elle avait été sur terre. Elle se mordilla la lèvre et finalement se décida à être simplement honnête, mentir n’était plus une question de vie et de mort ici.

- Et bien… Je n’ai pas pu terminer ma scolarité, mon père est tombé malade, j’ai arrêté le lycée pour travailler dans le garage de mon oncle, à côté de ça je donnais des leçons de japonais et d’espagnol, parfois je gardais des enfants, je faisais des ménages aussi parfois. Bref je ne faisais pas ma compliquée, je travaillais autant que je pouvais, les frais médicaux c’est jamais donné…

Quel doux euphémisme, elle avait plus de 150 000 $ de dette sur Terre, mais tout cela était fini.

- Oui c’est une sorte de nouveau départ ici. J’ai eu beaucoup de chance… C’est mon mari, un pilote, qui m’a fait entrer illégalement nous avions peur que j’accouche prématurément et que je doive choisir entre mon bébé et moi. Pour l’Escalibur, mais elle n’avait aucune idée des pertes de Mary. Je suis désolée… Ça doit sembler injuste que je sois là.

Elle se tut pour laisser Mary s’exprimer si elle en avait besoin.

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Dim 14 Jan 2018 - 17:00
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Mes paroles étaient douces, tout comme mon regard. J'étais profondément heureuse, de trouver une tête connue sur le vaisseau et, le fait que ce soit Norah, d'un côté, me rassurait, même si cela réveillait de douloureux souvenirs. Néanmoins, la douceur de la jeune femme, sa spontanéité me permettait de me sentir à l'aise. C'est bien trop tôt pour définir cette relation comme une profonde amitié mais, au sein de ce vaisseau, il appartient à chacun de se nouer de nouveaux liens, nouvelles amitiés pour le bien de l'humanité au sens large.

J'ai toujours été franche et quand, à son tour, elle souligne mon physique je rougis, baissant les yeux. Je n'assume pas vraiment, pas du tout même, ce que je suis devenue. L'évocation de cet article, écrit sur son frère me permet de relever mon regard après un battement de sourcil manifeste pou dissiper un semblant d'émotion. Puis je la questionne

« Tu l'as gardé ? Je te remercie, je n'ai pourtant jamais considéré avoir du talent à l'état pur à l'encontre de ce que l'on pouvait me dire » puis murmurant « Si tu n'as pas pu l'emporter avec toi saches que je l'ai dans mes affaires, je pourrai te le donner si tu le veux, cela me permet de ne pas l'oublier ». Un simple pronom pour qualifier un manque cruel. Un autre article que j'ai conservé, celui que j'ai écrit concernant cet accident, ayant causé la mort de mes parents. Ces mots sont le symbole de leur existence à jamais dans mon cœur.

Toutefois ma curiosité est piquée au vif en ce qui concerne la suite. Ce n'est pas forcément les études interrompues, ni les divers emplois qu'elle a occupés, non, c'est plutôt les frais médicaux engendrés. Avant même de la questionner, la phrase suivante répond à cet examen que j'avais effectué sur sa personne. Une grossesse, une femme mariée. Mon sourire s'élargit.

« Oh Norah » juste deux mots pour l'instant pour étouffer ma surprise et ma joie d'une vie renouvelée « Tout le monde avait sa place sur ce vaisseau. La vie ne t'a pas gâtée avec ton père, tu as galéré plus que permis et cette vie que tu abrites c'est ta revanche, dis toi que cet enfant est peut être l'avenir de l'humanité, la nouvelle génération au sens large du terme ».

Je me rapproche un peu d'elle alors que j'aurais presque envie de la serrer dans mes bras de contentement.

« Et tu es mariée ? À un pilote ? C'est tout à son honneur d'avoir sauvé la femme qu'il aime tout comme son enfant, personne ne te jugera, encore moins moi ».

Je désigne du menton un des fauteuils derrière nous afin que l'on s'installe et l'invite à me suivre

« On sera plus confortable ici pour discuter de notre avenir » je soupire «  Quant à moi je ne suis pas mariée, mes parents ont péri dans un accident de la route, je suis seule et j'embrasse un avenir dans lequel je crois ; tu sais, moi aussi je me suis demandée pourquoi j'avais ma place ici ? Mais aujourd'hui, il faut cesser ces questions et avancer, ensemble ».

Une voix de la raison destinée à rassurer cette femme issue de mon passé et qui fera probablement partie intégrante de mon avenir. Je ressens dans son regard, le besoin d'une alliée et d'une amie proche et, en mon for intérieur, je me jure de la protéger pour toi, Ejiah, qui nous regarde dans cette immensité.
Dim 14 Jan 2018 - 17:25
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- Ce serait vraiment généreux de ta part.

Quand elle avait dû partir elle avait partagé avec Daniel son bagage, ce qu’elle avait amené était donc peu conséquent. Son kimono bien sûre, sa robe de mariée, une robe en dentelle blanche acheté 60 $ à la va vite, une paire de basket, un MP3, une trousse de toilette, son ordinateur portable et c’était tout. Tout c’était fait avec précipitation et elle devait souvent piquer des choses à Daniel y compris ses vêtements. Norah regrettait de ne pas avoir été assez prévoyante. Mary était comme dans son souvenir, une personne exceptionnellement gentille.

- J’espère juste qu’il ne sera pas trop seul, avoua Norah qui se trouva de suite très égoïste, les gens avaient perdu tout leur proche et elle s’inquiétait de la possible solitude de son petit. C’était très nouveau pour elle, être mère aussi jeune (elle avait embarqué à 22 ans et ne savait pas quand elle devrait fêter ses 23 ans) ce n’était pas de base dans ses projets. Tout ce que j’espère c’est que sa vie sois paisible. Oui on s’est un peu mariée à l’arrache quand je suis tombée enceinte, mais Daniel est adorable, et très séduisant songea-t-elle, cette pensée la fit un peu rougir. Mon oncle m’a littéralement ordonné de l’épouser dès qu’il l’a vu, plaisanta-t-elle, moi je n’avais pas l’impression d’être dans le même monde, mais Daniel a toujours eu plus foi en moi que moi-même. C’est vraiment quelqu’un de bien…

Elle s’installa sur un fauteuil à l’invitation de Mary, tout était si propre et confortable ici, le vaisseau était à ses yeux d’un luxe inouï. En dehors de la bibliothèque l’observatoire était son endroit favori, c’était vraiment un endroit magnifique, l’un des rares ou elle pouvait rester sur place juste à admirer sans bouger.

- Oui tout le monde se pose cette question, c’est terrible ce qui est arrivé, enfin terrible est un faible mot. Je ne me sens pas coupable d’être ici, ce vaisseau est à moitié plein, je n’ai volé la place de personne. Tout ce vide ça tracasse beaucoup Daniel, il se dit qu’il aurait dû faire entrer plus de monde… Je n’avais plus grand monde juste un oncle, mais lui a perdu sa famille, son meilleur ami. J’essaye de le soutenir du mieux que je peux. J’essaye aussi de rattraper mon retard, j’étudie beaucoup. Sur Terre voulais étudier, décrocher une bourse, avoir une licence en mécanique, pour entrer dans l’armée déjà gradée, faire quelques années de service pour décrocher une nouvelle bourse pour aller au MIT et terminer ingénieur. J’avais un plan déjà tout tracé, ici j’improvise, je me dis que si je fais mes preuves, si je rends service je pourrais apprendre auprès un de ses génies, tout le monde est bardée de diplôme ici. Je sais que j’ai peu de chance d’y arriver, mais j’ai besoin d’essayer…

Bon sang cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas parlé autant, elle n’était pas forcément de nature bavarde, mais d’une certaine façon elle se sentait plus à l’aise avec Mary qu’avec son propre mari. Elle n’avait jamais menti à Mary, contrairement à son mari, une grosse partie de leur histoire était un mensonge. Elle s’en voulait beaucoup, mais elle en voulait aussi de façon totalement injuste à Daniel parce qu’il ne connaissait pas le quart des épreuves qu’elle avait du surmonter.

- Et toi tu as des envies ? Tu as toujours été brillante.

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Dim 14 Jan 2018 - 20:03
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Dire que Norah est tout droit issue de mon passé est vrai. Moi qui voulait simplement embrasser un nouvel avenir, je me rends compte que finalement ces personnes avec qui j'ai noué quelques liens me seront fort utiles pour avancer dans cette nouvelle vie. Par contre, la seule chose sur laquelle je ne suis pas forcément habituée c'est l'amitié. Je n'ai jamais appris à être appréciée, ni même à penser à moi. L'on m'a toujours félicité sur ce que j'étais et, non pas fierté, je rougissais. C'est ce tempérament réservé, qui, visiblement plaisait aux autres, à ceux qui m'étaient proches. C'est mon travail acharné, également, qui m'a conduit là où je suis à ce jour. Si mon patron ne m'avait pas reconnue à ma juste valeur ce serait un autre journaliste qui serait là à ma place.

Toutes ces questions et ces pensées elles m'habitent depuis mon réveil. Les rencontres que je peux faire sur le vaisseau sont certainement les clés de ces questions qui me taraudent. Toutefois, peu à peu je récupère mes repères et c'est de manière spontanée que je lui propose de lui redonner cet article.

« Bien sûr j'irai te le chercher toute à l'heure, on passera devant ma cabine, ainsi tu verras où je me trouve, mais bon je ne suis pas une grande dormeuse, tu me trouveras plus souvent ici à rêvasser ou à écrire un article sur ce vaisseau ».

De beaux projets, mais toujours en lien avec mon activité. Mon sourire s'éteint un peu à entendre la peur qui étreint mon amie. Je la laisse se livrer. Les mots ne servent à rien dans ces circonstances, seule la présence de ceux qui vous sont chers permettent de guérir de cette angoisse latente. Aussi quand elle marque un temps d'arrêt, juste avant de me rejoindre sur le fauteuil je lui parle doucement.

« Ne t'inquiètes pas il ne s'ennuiera pas et tu crois vraiment que le premier bébé du vaisseau, de notre humanité ne vas pas attirer tous les regards sur lui ? Je pense que, en terme de gardiennage, tu auras l'embarras du choix » puis doucement, lui prenant la main « Et dis toi que toutes ces femmes, et ces hommes ici ne vont chercher qu'une chose reconstruire, comme toi et Daniel un avenir ; mais il va de soi que nous devrons préserver l'oxygène, il faudra qu'ils limitent les naissances sans quoi nous nous dirigeons vers des difficultés ».

Il faudra que je questionne tiens à ce sujet un des membres de l'équipage. C'est non pas que je suis inquiète, non, il s'agit plus de curiosité qu'autre chose. Je me doute que le vaisseau est équipé suffisamment pour nous fournir en vivres jusqu'à notre dernier souffle naturel mais j'ai besoin d'en être certaine. Les paroles suivantes de Norah sonnent comme un écho de ce que je viens de lui expliquer et je souris.

« On est vraiment sur la même longueur d'ondes, dommage que ton frère ait empêché que l'on se connaisse mieux avant ; tu exprimes tout haut ce que je pense tout bas » puis regardant un peu plus loin « Partager la vie d'un des membres de l'équipage ne doit pas être forcément facile également, il vit avec ce poids sur les épaules, de veiller sur les passagers et en tant que pilote en plus, il a ce rôle de nous mener, tous, à bon port ». Mais je souhaite revenir sur un point de son discours « Il n'est jamais trop tard pour apprendre ; nous sommes moins nombreux que sur Terre mais, ici, si on en croit les rumeurs ne sont présents que les meilleurs, tu devrais pouvoir te former sans difficulté je pense et avec la volonté on réalise des merveilles ».

Ces mots là, je ne sais pas si concrètement, ils sont pour moi ou pour elle. Quoi qu'il en soit je reste sans mot à sa question et je repose mon dos contre le dossier du fauteuil fermant les yeux

« Franchement je n'en sais rien, je ne me suis jamais souciée de moi, juste des autres, j'ai toujours été très naïve et depuis mon réveil je ne me suis pas posée la question de l'après, de ce que je dois faire ici ? » relevant les yeux la regardant avec douceur «  Je n'ai toujours qu'écrit, donc peut être que j'écrirai l'histoire de l'humanité, de notre histoire pour que des enfants, vos enfants, aient un document leur expliquant la raison de notre présence ici. » puis cette idée qui émerge alors que je lui parle « Mais ce livre ne serait possible que si je vais voir chacune des personnes ici, que je les questionne, les observe dans leur quotidien, rencontrer l'équipage,les clandestins, les survivants, tous et que chacun apporte sa pierre à l'édifice de notre histoire ».

Mar 16 Jan 2018 - 22:33
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Mary avait l’air bien, du moins aussi bien qu’on pouvait l’être dans la situation ou les deux femmes se trouvait.

- Je ne dors pas non plus beaucoup, j’ai toujours été comme ça. Moi c’est la bibliothèque mon refuge principal…

Elle ne pouvait pas dormir avec son conjoint, les suites coûtaient horriblement chères. D’un certain côté cela l’arrangeait, Daniel dormait plus qu’elle, mais d’un autre… De toute façon il restait à peine trois mois pour arriver à destination, tout cela allait arriverait très vite, parfois elle dessinait sur son ordinateur des plans de maison. C’était probablement du fantasme, le vaisseau devait avoir l’équipement pour des habitations, mais ça lui faisait du bien d’imaginer tout faire de ses mains.

- Probablement, il faudra que je surveille ses fréquentations, s’esclaffa Norah sur un ton plus léger. Pour le vaisseau il ne devrait pas y avoir de problème, il manque presque la moitié des passagers, y’a plus qu’à prier pour qu’ils ne se soient pas planté d’adresse et que la planète ou on sera dans 4 mois sera propice à la vie… Mais je ne pense pas que ce soit possible, ajouta précipitamment Norah pour n’angoisser personne. Ils n’auraient jamais prévu 10 000 colons avec l'Escalibur s’ils n’étaient pas prêts. Le plus triste c’est que dans tous les cas chacun aura gagné au moins 8 mois de sursis et pour l’équipage encore plus.

La suite confirma qu’elles étaient sur la même longueur. Mais contrairement à Mary pour rien au monde elle n’aurait voulu s’imposer tel qu’elle était après ses 16 ans. Oh elle n’était pas devenue une bad girl, mais elle avait tant travaillé qu’elle s’était éloignée de tous ses amis. Ses seules relations étaient des petits amis sporadiques trouvés sur tinder, qui ne dépassait jamais les deux mois. Trop souvent (pas toujours non plus) ils s’attachaient et elle n’avait pas besoin de ça, elle n’avait pas de temps à donner. Partager la vie de Daniel, parfois en sa présence elle sentait son cœur exploser, c’était comme vivre avec un être supérieur. Ca faisait souvent mal et parfois du bien, mais rien que pour ce bien là elle ne pouvait pas décrocher.

- Il travaille beaucoup, mais ce n’est pas si négatif, si il était toujours sur mon dos je ne suis pas certaine que je parviendrais à me concentrer sur mon apprentissage. Il n’a pas été choisi au hasard, il est fiable, doué et travailleur. Je compte bien travailler le plus dur possible…

Oh que oui, elle était une grande ambitieuse, elle ne voulait pas être la première femme à accoucher dans l’histoire, enfin du moins pas que cela. Sur Terre elle aurait pu sombrer sur côté des délinquants, elle apprenait vite, mais pour son oncle et pour Dieu, elle s’était limitée à la légalité. Mary racontait comment elle ne se souciait que des autres, ça c’était elle il y’a un an, cela la fit sourire.

- Penser aux autres est toujours bon, le karma te le rendra croit moi. En tout cas pour elle cela avait miraculeusement fonctionné. C’est une excellente idée que tu as là, c’est important de savoir pour essayer d’éviter les mêmes erreurs. Pour le moment tout le monde est dans le deuil, mais sans aucune directive les humains peuvent se perdre et se chamailler pour des choses vides de sens… Si tu veux je peux demander à Daniel s’il peut passer un peu de temps avec toi. Cela serait sûrement plus intéressant, le témoignage d’une des trente personnes ayants vécus 4 ans seuls. Si tu pouvais avoir accès aux derniers messages des proches des passagers sera pourrait être très intéressant, mais cela doit être difficile à demander pour le moment.

Elle-même, son message de son oncle elle ne l’avait même pas encore ouvert.

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Sam 27 Jan 2018 - 16:56
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Peu à peu je me détendais. Je ne vais pas aller jusqu'à dire que j'étais crispée mais il faut reconnaître que cet univers est pour le moins immense. Le vaisseau dans lequel nous sommes n'est qu'une simple poussière. Je ne peux pas montrer à mon amie que je suis terrorisée au fond de moi-même, je n'en ai simplement pas le droit. Elle attend un enfant, cette nouvelle génération d'humain qui construira le monde de demain. Ce petit être est la pierre à l'édifice de l'humanité de demain et il est de notre devoir de l'aider à grandir dans un espoir infaillible envers ceux qui nous protègent.

Quand je l'entends mentionner son manque de sommeil je fronce les sourcils « Ce n'est pas facile à dire mais il va falloir que tu te reposes. Certes nous ne sommes pas dans des conditions normales pour mener une grossesse dans la meilleure des situations mais il faut penser à toi et à ces heures de sommeil qui sont nécessaires pour bébé d'accord ? ». Je ne peux aller à l'encontre de cet instinct de protection que j'éprouve envers la jeune femme.

Puis je souris pour calmer un peu cette leçon que je viens de lui délivrer « On passera du temps ensemble alors dans cette bibliothèque, je crois que c'est le seul endroit que je n'ai pas encore fréquenté ici alors que j'y passais des heures là bas » ; ce mot pour ne pas désigner la Terre. Il ne fait nul doute qu'elle comprendra mon infime mal-être.

Toutefois mon inquiétude n'est rien comparée à celle de Norah dans les mots qu'elle emploie, sa peur profonde. Son rire sonne bien faux vis à vis des fréquentation de son enfant et une fois de plus il est évident qu'il est de mon ressort de la rassurer. Mais comment lui garantir que tout se passera bien quand soi-même on n'y croit pas du tout ?

« Ne t'inquiètes pas tout va bien se passer, il ne peut pas en être autrement ; ceux qui ne sont pas là, je ne sais pas pourquoi, on ne le saura jamais mais il faut regarder l'avenir et ne pas regretter. Tu es là, ton mari est là ; tous ceux qui sont présents ont besoin de croire en un avenir et peut-être que si l'on y croit tous ensemble, cette planète sera habitable tu ne crois pas ? ».

Ces paroles elles sonnent faux dans ma bouche. Je viens de m'exprimer pour mon amie mais également pour moi-même afin de me rassurer. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, je ne sais plus de quoi hier était fait, la seule chose dont je suis certaine c'est que la vie n'est pas à construire sur des regrets, l'on doit avancer ensemble.

C'est pour cette raison que je veux aller voir les passagers et quand elle me propose de rencontrer son mari je lui souris radieusement

« Ce serait avec grand plaisir si toutefois il y consent je ne veux pas m'imposer » et à ses paroles suivantes j'incline la tête « Tout viendra à point ; je n'ai pas de message car je n'ai personne, je n'avais plus personne là bas, mes parents sont morts et au final je n'avais que peu d'amis » je tourne la tête pour regarder à l'extérieur « C'est peut être pour moi au final que ce sera le plus facile tout cela, je n'ai pas d'attache au sol, pas d'attache ici si ce n'est des amies précieuses comme toi mais au final je ne sais pas si ce sera plus facile ou plus difficile ; j'ai envie d'aider mais je ne sais vraiment pas comment » me retournant je la fixe doucement du regard « C'est pour cela que je profite de l'instant, simplement car je ne sais pas de quoi demain sera fait, je ne sais plus... » ma voix s'est brisée un instant, une tristesse profonde s'empare de mon être au moment où un frisson parcourt mon échine.
Mer 7 Fév 2018 - 23:33
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HRP : Dsl du retard, mais j'étais en plein déménagement.

- Je ne manque pas de sommeil Mary, je suis juste comme ça depuis toujours et mes parents m’ont fait voir des médecins qui les ont rassurés. Tous le monde est différent. Elijah… C’était peut-être un sujet sensible à aborder, mais maintenant qu’elle avait débuté… Elijah lui dormait beaucoup. Oh pas de soucis pour la bibliothèque…

Norah était multitâche, elle n’avait aucun soucis de faire plusieurs choses à la fois et jusqu’à ses 16 ans elle avait toujours été ultra sociable, le fait de devoir travailler beaucoup l’avait éloigné d’une vie sociable, elle n’avait plus que des petits copains pour satisfaire ses envies sensuelles, le restant du temps elle le passait à multiplier les emplois.

- Je n’ai pas peur pour la planète, j’ai toujours eu foi en l’être humain, les scientifiques ne se sont pas trompés, ils n’auraient pas envoyé 5000 personnes des plus brillantes à une mort certaine….

Bien sûre il n’était pas le nombre prévus, mais ça ne changeait rien à la logique. Norah n’avait jamais spécialement rêvée des étoiles, mais maintenant qu’elle y était, elle était heureuse. Tout un monde à découvrir, des défis en ingénierie qu’elle n’aurait jamais eue sur Terre. Une planète saine avec de la place.

- C’est probablement le meilleur endroit ou élever un enfant, je ne suis pas au courant de la topologie et météorologie des lieux, mais au moins tout ce que l’humain a détruit sur Terre et pollué, tout sera différent de ce côté-là.

La suite lui fit légèrement écarquiller les yeux tout en l’apaisant, elle avait l’impression d’être la seule à ne pas être en deuil et elle se sentait parfois monstrueuse à cause de ça. Mais elle n’avait plus personne sur Terre, à partir de ses 16 ans quand elle avait quitté le lycée elle avait perdu tous ses amis, à 21 ans elle avait perdu son père, il ne lui restait que son adorable oncle. Mais elle avait déjà fait son deuil, il n’était pas prévu qu’il soit sur l’escalibur et une vie entière à rembourser ses dettes aurait été ignoble. Peut-être qu’il aurait dû faire des choses en désaccord avec sa foi catholique.

- Je n’ai perdu que mon oncle, mais il sera dans le royaume des bienheureux, j’en suis certaine…

Norah avait toujours eu la foi, elle avait l’impression de mériter sa place ici, elle avait tellement souffert et elle n’avait jamais rien fait pour mériter ça. Elle s’était battue pour son père, gâchant sa vie sans même hésiter, sans même un regard en arrière.

- Je ne sais même pas si tu es croyante… Je me demande si il y’a un prêtre à bord. Je sais que ça peut paraître idiot, mais je ne me suis pas mariée à l’Eglise et si j’ai des enfants je souhaiterai qu’ils soient baptisés. Bref c’est idiot je sais. Il y’a des milliers de chose plus importante probablement. Bref je parlerais à Daniel de toi, je ne pense pas qu’il y ait de soucis. Je pense même que cela lui fera du bien…

Il pourrait parler de Béatrice, son ami transgenre qui aurait voulu devenir exploratrice. Il ne pouvait pas en parler avec sa cousine avec qui il était froid, à cause d’elle elle en était consciente. Parfois elle se sentait coupable, parfois elle avait juste envie d’hurler que c’était injuste, que Daniel avait juste fait le bon choix, sinon il l’aurait perdu, car pour rien au monde elle n’aurait laissé son enfant sur Terre, elle se serait sacrifiée, il n’y avait jamais eu d’autre option dans sa tête.

- Je suis contente de ne pas être la seule à ne plus trop penser au passé, mais à l’avenir, j’avais l’impression seule d’être sans cœur, je me sens moins seule avec toi. Je suis tellement contente que tu sois ici…

C’était sincère, avec elle, elle n’avait pas à marcher sur la pointe de pieds ou presque, elle ne pouvait pas encore avouer comment elle avait piégé Daniel, peut-être un jour quand ses sentiments seraient plus clair concernant son mari, elle lui en parlerait.

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Mar 13 Mar 2018 - 19:57
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